Un marché qui se rééquilibre :
Après le trou d’air 2023‑2024, les volumes de ventes repartent progressivement à la hausse et 2026 s’annonce comme une année de stabilisation plutôt que de yoyo. Les experts anticipent autour de 960 000 à 980 000 transactions et une hausse modérée des prix de l’ordre de +2 à +3% sur l’année.
Les délais de vente se réduisent nettement, avec en moyenne une trentaine de jours de moins qu’un an auparavant, signe que les acheteurs reviennent et que les biens bien positionnés trouvent preneur plus vite. Dans plusieurs grandes métropoles et régions tendues, les compromis signés progressent de plus de 30% par rapport au troisième trimestre 2025, confirmant ce mouvement de reprise.
Financement : une nouvelle normalité
Les taux de crédit se stabilisent autour de 3,5%, ce qui marque la fin de la flambée mais aussi de l’ère des taux proches de zéro que les ménages ont désormais intégrée. Cette stabilité permet aux acheteurs de se projeter à nouveau, et la concurrence entre banques redevient un levier pour décrocher de meilleures conditions selon les profils.
Le Prêt à Taux Zéro est maintenu et ajusté en 2026, avec des plafonds de ressources revalorisés et un coût d’opération pris en compte plus élevé, ce qui élargit l’éligibilité des ménages, notamment les primo‑accédants dans le neuf. Couplé à des montages financiers plus techniques, ce cadre impose de bien préparer son dossier, mais offre de vraies opportunités pour sécuriser son projet d’achat.
Énergie et DPE : un tournant pour les logements
Le mode de calcul du DPE change au 1er janvier 2026, avec un nouveau coefficient pour l’électricité, passé de 2,3 à 1,9. Cette évolution rend le diagnostic plus favorable aux logements chauffés électriquement et aligne la France sur les standards européens, sans dégrader l’étiquette d’aucun logement.
Conséquence concrète, environ 850 000 logements devraient sortir du statut de passoires énergétiques (F ou G) sans travaux, ce qui redonne de l’air à de nombreux propriétaires bailleurs. Pour les vendeurs, une meilleure note DPE peut se traduire par une valeur préservée et des délais de vente plus courts, tandis que les acheteurs disposent d’une lecture plus lisible de la performance énergétique.
Fiscalité et logement locatif : ce qui bouge
Côté fiscalité locale, une mise à jour des fichiers de logements par la DGFiP en 2026 pourrait entraîner une hausse moyenne d’environ 60 € de taxe foncière pour près de 7,4 millions de logements, du fait de la prise en compte d’éléments de confort jusque‑là mal intégrés. Les propriétaires doivent donc anticiper ce surcoût dans leur budget, surtout dans les zones déjà fortement taxées.
Parallèlement, une réforme du logement locatif intermédiaire et un nouveau régime fiscal pour l’investissement locatif sont envisagés, avec notamment un amortissement des biens loués pouvant aller jusqu’à 5% par an sur 20 ans pour certains logements. L’objectif affiché est de relancer la mise sur le marché de logements locatifs et d’optimiser le parc existant, avec un potentiel de 90 000 logements supplémentaires par an d’ici 2030.
Concrètement : comment en profiter en 2026 ?
Pour les vendeurs, 2026 est une année où il devient stratégique de vérifier son DPE, d’ajuster son prix à un marché redevenu plus lisible et de profiter de délais de vente raccourcis. Un accompagnement professionnel permet de valoriser au mieux le bien à la lumière des nouveaux diagnostics et du retour des acheteurs.
Pour les acquéreurs, la clé est de sécuriser le financement en amont, de mobiliser le PTZ quand cela est possible et de comparer attentivement l’étiquette énergétique et la fiscalité future du bien ciblé. Pour les investisseurs, les nouveaux dispositifs fiscaux et la révision du DPE peuvent redonner de la rentabilité à des biens jusque‑là fragilisés, à condition de bâtir une stratégie locative de long terme.
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Laetitia Rouve