Émission Radio Bulle 93.6 : comment bien estimer son bien immobilier ?
Intervenants :
- Samia – Animatrice Radio Bulle
- Laetitia Rouve – Conseillère immobilière, Capifrance
Samia — Vous êtes bien en notre compagnie et nous on est bien en votre compagnie aussi. Ici c'est Radio Bulle 93.6, rythme l'agenais mais pas que. J'en profite pour faire un petit bisou à tous nos amis Lectourois fidèles au poste et puis à nos amis auditeurs du Tarn-et-Garonne. Promis, promis, promis avec Jérémy Gassny, on va venir faire une bulle de dialogue dans pas très longtemps du côté de chez vous. Moi, en tout cas, je fais le nécessaire ici en studio depuis le 22 rue Richard, cœur d'Agen, avec ce matin Laetitia Rouve de Capifrance. Bonjour Laetitia.
Laetitia — Bonjour Samia.
Samia — Une nouvelle bulle d'immo avant que tu files en vacances, il me semble. On va vous aider à estimer votre bien. Et ça, ce n'est pas évident parce que notre maison, c'est la plus belle, c'est la mieux décorée, c'est celle où il y a le plus de bonnes ondes. Et on ne va pas la lâcher comme ça.
Laetitia — Exactement. Aujourd'hui, quand on est appelé pour faire une estimation de maison, ce que j'aime faire, c'est vraiment prendre le temps de discuter et d'échanger avec les vendeurs. Connaître leur histoire et leur projet de vie, pourquoi ils vendent, et également connaître tout l'historique de la maison. Une estimation, c'est un moment clé. Ça ne se fait pas au doigt mouillé. Parce qu'une estimation mal réalisée, ça peut laisser la maison trop longtemps en ligne sur le marché. Du coup, ça va intriguer les acquéreurs qui voient trop souvent l'annonce. Ils vont se dire : elle est encore en vente, pourquoi elle ne se vend pas ?
Samia — Moi, je suis un loup pour ça, je te le dis. Toutes les annonces du Lot-et-Garonne, je les connais. Et j'en vois que ça pédale dans la choucroute, les amis. Alors, vous baissez, vous baissez, mais vous n'êtes plus crédible.
Laetitia — C'est ça, il faut vraiment se mettre au bon prix dès le début. Ça va attirer rapidement, on va générer des visites utiles. Le bon prix protège le vendeur.
Samia — Alors, aujourd'hui, on dit : tel mètre carré dans telle ville, ça vaut tel prix. Ce n'est pas aussi figé, rassure-moi.
Laetitia — Non, bien sûr. Il y a plein de critères qui rentrent en compte. Quand on fait une estimation, on va parler de l'emplacement, de l'orientation, de la luminosité, de l'état général du bien, est-ce qu'il y a des travaux à prévoir ou pas ? Tout le monde peut faire une estimation sur internet, mais on ne peut vraiment pas remplacer un professionnel qui se déplace, qui voit de ses propres yeux les côtés positifs de la maison, les côtés peut-être un petit peu plus négatifs, et qui va donner des conseils aux vendeurs pour essayer de rendre ces points négatifs un peu plus attrayants.
Samia — Moi, je ne veux pas vous critiquer, les amis, franchement, loin de moi cette idée, mais c'est vrai qu'il y a des fois où on voit une maison qui n'est pas située dans un village ou dans un quartier dynamique, il n'y a pas de commodité à proximité, les tapisseries sont quand même assez vieilles, et vous nous pétez des tarifs qui sont relativement les mêmes qu'une maison en cœur de ville. Ça doit être difficile d'entrer en négociation avec ces propriétaires-là.
Laetitia — Oui, c'est assez compliqué de faire entendre le prix. Les propriétaires ont souvent fait les travaux eux-mêmes, donc ils ont le côté affectif. Leurs enfants sont nés dans cette maison. C'est un peu compliqué de faire entendre le prix. Mais néanmoins, on y arrive. Souvent, les vendeurs sont un peu réfractaires, ils veulent partir sur leur prix. Donc ce qu'on fait, c'est qu'on part sur leur prix. Mais je leur dis : si au bout d'un mois on n'a pas de visite, pas d'appel, c'est qu'il faut vraiment se réaligner à mon estimation.
Samia — Ça nécessite quand même une expertise, parce qu'effectivement, les souvenirs dans une maison, ça n'a pas de valeur, c'est inestimable. Donc il ne faut pas confondre valeur affective et valeur marchande. Ou alors, si c'est vraiment inestimable, ne la vendez pas, gardez-la. Parce que ça paralyse quand même le marché.
Laetitia — Exactement, parce que ça fait fuir les bons acheteurs, ça attire un peu les mauvais profils et ça retarde la vente. On fait beaucoup de visites inutiles qui ne donneront pas de suite. C'est très important.
Samia — C'est chronophage, c'est énergivore, que ce soit pour toi ou pour les vendeurs, parce qu'à chaque visite, on met quand même un espoir. En général, quand les estimations sont bien faites dès le départ et que les vendeurs suivent, tout suit ?
Laetitia — Oui, complètement. On estime qu'une maison au prix du marché, dans les trois mois, elle est vendue. Au-delà de trois mois, c'est qu'il faut sûrement revoir le prix à la baisse.
Samia — Et franchement, ça décourage. Parce que même si de prime abord on a un coup de foudre sur une maison, quand le vendeur ne veut pas baisser son prix, ça casse la magie. Il faut quand même se projeter. C'est une maison, un appartement, l'endroit où on va vivre — il doit nous faire un petit peu rêver. C'est une belle histoire dès le départ. Mettez de la magie dans tout ça.
Laetitia — Exactement. Pour l'acquéreur, ça va être un début d'histoire et c'est très important d'être entendu. C'est notre rôle en tant que conseiller immobilier de rentrer en négociation avec les vendeurs. Notamment quand les acquéreurs sont préparés et que leur financement est bouclé, c'est plus facile pour nous d'accepter une baisse de prix. Il vaut mieux baisser que ne pas vendre.
Samia — Exactement. Parce qu'après, on est paralysé dans ses projets. Et puis, le fait de ne pas vendre, les propriétaires continuent à payer les taxes foncières, l'entretien de la maison. Ça fait des coûts supplémentaires. Et j'en vois plein autour de moi, des maisons qui restent longtemps fermées et qui se dégradent.
Laetitia — Oui, complètement. S'il n'y a pas de chauffage, la maison se dégrade. Il y a des propriétaires qui n'habitent plus les maisons mais qui les laissent chauffées ou qui viennent aérer régulièrement — ça, c'est top. Mais il y a beaucoup de maisons fermées et, effectivement, quand on rentre, ça sent l'humidité, la maison se dégrade. C'est un mauvais aspect, et l'énergie qui circule n'est pas bonne.
Samia — Moi j'y crois aussi. Et au bout d'un moment, je trouve que c'est dommage parce que ça devient redondant. C'est toujours les mêmes offres qui sont là et la proposition n'est pas attrayante.
Laetitia — Exactement. Un bien vraiment au prix du marché, on ne le voit pas longtemps en ligne. Ce qu'on voit rester, ce sont les biens qu'on appelle dans l'immobilier les biens cramés.
Samia — Et ben voilà, merci pour le secret ! Il y a pas mal de biens cramés en ce moment, je vous le dis les amis. Allez, baissez vos prix. Bon, merci beaucoup Laetitia.
Laetitia — Merci Samia. On se retrouve très vite après mes vacances.
Samia — On peut le dire où tu pars ?
Laetitia — En Thaïlande !
Samia — Ouh là là, elle va revenir bronzée, pleine de peps et elle va nous préparer des bulles d'immo sur la plage. Moi je vous réchauffe pas avec le soleil de la Thaïlande mais avec le soleil de Radio Bulle et le top de la musique. C'est maintenant sur Radio Bulle 93.6 !