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Marché immobilier

Projets immobiliers, bénévoles refoulés, abandon de communes

05/08/2026


Alors que l'incendie en Gironde est maintenant sous contrôle, et que le temps est à la reconstruction dans les communes touchées par les flammes, plusieurs théories complotistes sont massivement partagées sur les réseaux sociaux. ICI fait le point ce mercredi.

L'incendie en Gironde, débuté le 22 juillet dernier, et qui a ravagé 42.000 hectares et plus de 200 habitations, est ce mercredi sous contrôle. C'est ce qu'a annoncé sur ICI Gironde la préfète Sophie Brocas. Mais alors que les sinistrés reviennent à peine chez eux, parfois face à des maisons totalement détruites, des questions sur la gestion de la catastrophe se posent. De quoi créer un terreau fertile auxfake newsou du moins à de nombreuses théories circulent sur les réseaux : des accusations contre les pouvoirs publics et des rumeurs sur de prétendus projets immobiliers ou industriels. La rédaction d'ICI fait le point.


Projets immobiliers et industriels

On retrouve sur X ou TikTok, des publications affirmant queles forêts détruites laisseraient place à des panneaux solaires. Si cette rumeur séduit autant, c’est parce qu’elle s'appuie sur un fait réel. En effet, leprojet Horizeoexiste bel et bien. Il est porté par Engie et Neoen, et prévoit bien l’installation d’une vaste centrale photovoltaïque sur la commune de Saucats, au sud de Bordeaux.

Ce projet n'est pas nouveau, il existe depuis plusieurs années et nécessite, effectivement,le défrichement d’une grande zone forestière,de plusieurs dizaines d'hectares. Certains internautes ont donc fait le lien et affirment désormais que les incendies auraient été délibérément provoqués pour faire de la place à ces panneaux solaires. Orles images satellites Copernicusmontrent queles secteurs évoqués pour ce projet n'ont pas été touchés par les flammes.

Dans la même veine, pour d'autres internautes, l'incendie a permis delibérer du foncier pour un futur datacenter dédié à l'IA. Là aussi, à l'origine, il y a un projet tout aussi réel.Il s'agit du projet BXIA, dévoilé le 7 janvier dernier. Il comprend la construction d'un supercalculateur et d'un data center dédiés à l'intelligence artificielle. Cependant,le projet mentionné se situe à plusieurs kilomètres de la zone incendiée, dans le secteur de Bordeaux-Lac. D'ailleurs, à ce stade, BXIA reste un projet. Il sera soumis à une évaluation environnementale avec une enquête publique.

Des bénévoles refoulés par les autorités

Sur les réseaux sociaux, dans les premiers jours du mégafeu de Saumos, plusieurs bénévoles qui voulaient aider dans la lutte contre les incendies ont raconté que les autorités leur ont refusé l'accès à la zone. Ces vidéos ont été largement relayées, provoquant l'indignation des internautes. Dans l'une d'elles,vue des centaines de milliers de fois sur Tiktok, un artisan explique qu'on lui a refusé de venir, avec son camion-citerne rempli d'eau."On a un camion bien chargé, 12 000 litres, explique-t-il.On est à Royan, au bac. Et là vous savez quoi ? Ils nous refusent. La préfète refuse un camion, 12 000 litres !".

Ces propos sont vrais, mais cela s'explique. Toute aide est la bienvenue face à cet incendie hors-norme : agriculteurs, artisans du BTP, habitants, mais pas n'importe comment. Cette aide doit être coordonnée par les pompiers. Il faut se signaler soit en mairie, soit à la Chambre d'agriculture pour les agriculteurs, et attendre le feu vert. Cela permet degarantir la sécurité des personnes qui viennent aider,car les bénévoles ne sont ni entraînés, ni équipés comme les pompiers.

Abandon de certaines communes

Au Porge, le village le plus touché par l'incendie,183 familles ont perdu leur maison,détruite par les flammes.Plusieurs habitants se sont réunis en collectif pour obtenir des réponses. Selon eux,l'État aurait sacrifié leur commune pour épargner les villas du Cap Ferret. Ce groupement rassemble à ce jour plus de 700 sinistrés, bien décidés à engager des poursuites judiciaires pour obtenir des réponses.

Cette théorie a été très rapidement démentie par le Premier ministre, qui dénonce"une douleur récupérée par des complotistes". Quant à la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, elle affirmait ce mercredi matin sur ICI Gironde que ces rumeurs étaient une"offense faite aux sapeurs-pompiers de penser qu'une vie vaut davantage qu'une autre dans leur esprit",tout en précisant que les questions étaient légitimes, et que"le travail de retour d'expérience est en cours et on pourra en reparler précisément."

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Laetitia ROUVE
Laetitia ROUVE
Conseillère Capifrance